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REPORTAGE - Tunisie: Choses vues dans un restaurant de Tunis à l’heure de la rupture du jeûne !
Par Mohamed Farouk
Une clientèle hétéroclite, venue d’horizons différents, rencontrée dans un restaurant du centre-ville de Tunis. Le décor: quelque trente tables et quatre serveurs, pantalon et nœud papillon noirs, qui veillent à ce que tout se passe bien. Reportage.
Les absents ont toujours tort. Les retardataires aussi. Arrivé quinze minutes après la rupture du jeûne, Tawfik s’est vu attribuer une petite place au coin d’une table de ce restaurant du centre-ville de Tunis: le couple, qui l’occupe, ayant bien voulu lui accorder l’hospitalité.
«J’ai été retardé par un livreur qui a accusé trente minutes de retard», se désole-t-il. «J’ai dû, ensuite, tout ranger afin que je ne perdre pas trop de temps après la rupture du jeûne. Car l’ouverture du magasin, qui m’emploie, se fait à 20 heures 30. Le temps que je mange et savoure, ensuite, un café et une cigarette sur une terrasse de l’Avenue Bourguiba, c’est tout juste», ajoute-t-il.
Ils sont, comme lui, une dizaine à venir quasiment tous les jours dans ce restaurant pour rompre le jeûne. «Je commence à travailler à 21 heures dans une boutique de chaussures de la rue Charles De gaulle. La rupture du jeûne se fait à 19 heures 05. Le calcul est simple à faire: deux heures pour manger et me rendre de la Cité Ezzouhour, dans la banlieue ouest de Tunis, à ma boutique, et avec les moyens de transport public que je prends! J’ai dû plus d’une fois prendre un taxi. Je préfère venir dans ce restaurant et repartir à mon travail sans stress», affirme-t-il.
En avoir marre de «fréquenter la routine»
Autre cas, celui de la famille B.R. Mahmoud, le père, jean et barbe en broussaille, est venu spécialement pour rompre le jeûne avec sa femme et ses deux enfants. Habitant La Goulette, dans la banlieue nord de Tunis, Mahmoud dit en avoir marre de «fréquenter la routine». Il est venu pour changer d’air et «de cuisine». Ce qui ne déplaît pas à son épouse qui accepte, malgré tout, «ces critiques». «L’essentiel est que je quitte mes fourneaux», fait-elle remarquer.
Propriétaire d’une voiture de louage, qui dessert la ville d’Annaba (Bône), Abdelaziz est venu dans ce restaurant parce qu’il n’a pas «d’autre choix». «Lorsque je ne suis pas chez moi ou sur la route, je viens ici pour rompre le jeûne. Et ce en attendant que j’épouse une Tunisienne!», affirme-t-il, avec un large sourire sur les lèvres.
Libyen, habitant de Misrata, ville située à 200 Km à l’est de Tripoli, Abdelhamid est réfugié en Tunisie depuis trois
semaines. Il vient dans ce restaurant pour la première fois avec son épouse et son bébé de six mois. Demain, il ira dans un autre. Une manière de découvrir le pays qu’il visite pour la
première fois de sa vie.
Dans un autre coin du restaurant, Daniel, son épouse et sa petite fille de 16 ans, sont venus prendre leur repas du soir. En attendant de prendre le dernier train du soir pour Sousse où il passe de précieuses vacances. «Je ne viens pas, évidement, pour rompre le jeûne. Mais, je suis loin de passer un mauvais moment avec des gens dont j’admire le courage et la piété», lance-t-il, en croquant une pomme.
Ainsi va le monde dans ce restaurant du centre-ville de Tunis qui dresse, en ce ramadan 2011, quelque trente tables pour servir, à l’heure de la rupture du jeûne, une clientèle des plus hétéroclites venue d’horizons différents. Et quatre serveurs sont là pour veiller, pantalon et nœud papillon noirs, à ce que tout se passe bien.

Les exportations tunisiennes d’huile d’olive ont atteint, jusqu’à fin juillet
dernier, quelque 9.535 tonnes contre 4.480 tonnes durant la même période de la campagne précédente.
• Exportation vers des marchés lointains, à savoir le marché américain et le Canada, d’importantes quantités d’huile d’olive
L’huile d’olive tunisienne a ses caractéristiques et est appréciée par les consommateurs résidant dans de nombreux
pays étrangers. Légère, peu acide et au goût fruité, cette huile a, de surcroît, des vertus sur la santé. Au cours des dernières années, plusieurs huileries tunisiennes ont connu de
grands problèmes financiers qui ont obligé certains à mettre la clé sous le paillasson. Un problème structurel et conjoncturel n’a pas permis aux unités de production d’atteindre les
objectifs fixés.
L’Union européenne est disposée encore à acheter des quantités d’huiles tunisiennes pour satisfaire les besoins des consommateurs sans cesse en hausse. Il y avait un système de quota annuel qui a fait le bonheur de nombre d’exportateurs de cette denrée. Ce marché est encore ouvert, mais les exportateurs sont appelés à faire appel à leurs moyens propres pour améliorer leur chiffre d’affaires à l’export.
Une priorité dans la politique commerciale
Au lieu du monopole de l’Office national de l’huile (ONH)– auquel les exportateurs se rendaient pour écouler leur produit – la voie a été ouverte aux privés pour qu’ils se chargent de l’exportation sur les différents marchés extérieurs.
Le marché européen peut, cependant, fausser les prévisions des exportateurs – comme ce fut le cas, il y a quelque temps– en annulant pour diverses raisons l’achat de l’huile tunisienne.
Les exportateurs
ont attendu le meilleur moment pour vendre leur huile à un prix élevé ou du moins acceptable, en vain. Ils ont donc été contraints d’écouler les quantités produites sur le marché local
qui ne couvre vraiment pas les frais de production. Les marchés extérieurs étaient une priorité dans la politique commerciale de la Tunisie. Quand la production était faible, on
constatait souvent que l’huile se vendait à un prix très élevé. Et quand les quantités sont en abondance alors on utilise tous les moyens pour vendre le produit à un prix relativement
abordable.
Les huileries tunisiennes ont fait l’objet, de leur côté, d’une étude qui a montré certaines défaillances liées notamment aux moyens archaïques utilisés et qui ne leur permettent pas d’avoir un meilleur rendement.
Les propriétaires des unités de production ont donc été invités à moderniser leurs moyens de production en
intégrant un matériel moderne. Nombre d’industriels ont concrétisé les instructions conformément à un plan de mise à niveau sur différentes étapes.
La Tunisie se tourne depuis quelque temps vers de nouveaux marchés autres que le marché européen. Elle a ainsi
participé dans des foires internationales en Asie où un grand nombre de consommateurs ont apprécié ce produit, ce qui ouvre la voie à de nouveaux contrats de vente pour des pays qui
comptent des millions de consommateurs prêts à payer le prix fort. L’huile d’olive constitue encore un élément important dans le renforcement des exportations vers les marchés
extérieurs.
D’ailleurs, les chiffres déjà réalisés sont encourageants dans la mesure où les exportations tunisiennes d’huile
d’olive ont atteint, jusqu’à fin juillet dernier, quelque 9.535 tonnes contre 4.480 tonnes durant la même période de la campagne précédente. Cela correspond à un accroissement de
l’ordre de 113%. Cette forte progression démontre que le secteur est encore en bonne santé et peut satisfaire la demande locale et extérieure, en termes de qualité et de quantité
moyennant les encouragements nécessaires et l’environnement de production favorable. Le lien entre les agriculteurs et les industriels doit être toujours bien scellé pour faciliter la
transformation des olives et éviter les attentes.
Les quantités d’huile d’olive conditionnée représentent, cependant, 11% des exportations globales du secteur. Les conditions sont donc disponibles pour atteindre l’objectif fixé de l’année en cours. La diversification des marchés semble payante. Les exportateurs ont opté, en effet, pour des marchés jusqu’ici peu explorés, comme le marché américain qui représente, à lui seul, près du tiers des destinations d’exportations. Le marché espagnol – pourtant producteur lui aussi d’huile – occupe une bonne place et continue à acheter l’huile d’olive tunisienne.
Le marché canadien qui peut être considéré comme lointain et nouveau, participe, de son côté avec 12% des
exportations tout comme le marché espagnol.
Même au niveau des prix, la situation sur les marchés internationaux a été favorable, ce qui a eu pour conséquence, l’amélioration des recettes. En effet, la valeur des exportations de
l’huile d’olive conditionnée a atteint 51 millions de dinars, ce qui correspond à 14.7% des exportations globales d’huile d’olive. Le prix moyen d’exportation de l’huile d’olive
conditionnée s’élève à 5.557 dinars la tonne contre 4.000 dinars la tonne pour l’huile d’olive en vrac. Il s’est avéré que certains pays préfèrent acheter l’huile en vrac pour se
charger de l’embouteiller par leurs propres moyens.
Ces unités de production étrangères doivent dès maintenant respecter les règles de la traçabilité en signalant sur la bouteille la provenance du produit, ce qui n’était pas toujours le cas par le passé…
LA MADONA DI TRAPANI
PAR ALBERT SIMEONI (BEBERT)
LES MEMOIRES D’UN GOULETTOIS
L’ENFANT DE LA GOULETTE VOUS SOUHAITE BONNES VACANCES.
Dans la série témoignage…….
Quelque soit le témoignage, si infime que l’on puisse apporter au sujet de la manifestation religieuse chrétienne qui se déroulait, tous les 15 août, jour de l’Assomption à la Goulette, cette dernière reste gravèe dans les mémoires de tous les goulettois et autres survivants de cette époque toutes confessions confondues. J’apporte ici ma modeste contribution dans ce récit à la fois réel saupoudré d’un soupçon de ‘ merveilleux ‘ qui donnait à cette solennité religieuse une grandeur telle que l’on la retrouve aujourd’hui dans les petites villes et villages d’ailleurs où la foi prend des proportions souvent proche du délire et de l’hystérie. La Goulette d’hier se souvient encore de…….
‘..E VIVA LA MADONNA…E VIVA…’
‘LA PROCESSION ‘
‘Guiseppe è dai , fa presto,
La Santa Madonna sé nè va…!’
( ‘Guiseppe presse toi
( La Sainte Madone s’en va…. !)
Maria, Andréa, Sergio, Mikaélè et les autres venaient souvent de très loin. Les uns esseulés, les autres en couple ou en groupe marchaient pieds nus -pénitence oblige - sur les gravats, sous le soleil brûlant du 15 août, tout le long de la route Tunis-Goulette pour assister et suivre la procession de ce jour de l’Assomption. D’Hammam-Lif , de Grombalia parfois venus d’Italie, nos amis italiens, siciliens et maltais remplis de ferveur se rassemblaient tôt le matin sur la place de l’église. Gestes et paroles pas toujours saintes caractérisaient cette foule bigarrée de pèlerins. Avec ce dialecte mi-sicilien mi-maltais, ils s’interpellaient, assis sur les pavés ou sur des marches d’escaliers usés aux nez ébréchés.
Depuis la veille, quelques familles bivouaquaient sur la plage profitant des belles soirées chaudes de l’été. Spaghettis réchauffés, casse- croûtes, bières et vins accompagnés de jambon ou de fromage de campagne constituaient leur collation d’un après midi d’attente et d’un soir sacré.
Les restaurants affichaient complets.
La nuit venue, la place de l’église, tout illuminée et noire de monde, était envahie de fidèles. Les yeux rivés sur le grand portail et les cous tendus à l’extrême, unis dans un même élan, mariant leurs sueurs et haleines, souvent piétinés, tous guettaient l’apparition de leur patronne. La Sainte Madone de Trapani.
Les enfants sont sur les épaules des grands tandis que les plus téméraires agrippés aux barreaux en fer forgé de la palissade se jouaient des pics acèrés. Les parapets des terrasses des immeubles vétustes, aux murs lézardés, affichaient complets tandis que les places ‘ balcons’ faisaient peine à voir, grimaçant de douleur sous le poids des résidents.
La mamma Angèlina, tout de noire vêtue, portant péniblement ses 85 ans croie apercevoir la Sainte Vierge Elle met genoux à terre, les mains jointes pour communier avec celle qui n’est pas encore sortie. Son fils Giovanni la rattrape et lui susurre à l’oreille….
‘….Mamma….non è ancorà uscità…. ?’ (Maman…elle n’est pas encore sortie…. ?’
‘….Mio figlio…lo vistà… ?’ (‘Mais mon fils ..l’as tu vue… ?’)
Slimane et son père sont debouts sur sa charrette envahie par des inconnus. Je suis assis sur les épaules de mon père, et soudain….des cris…. des hurlements….
‘VIVA...VIVA…..LA SANTA MADONNA….’
s’élèvent des gosiers enfiévrés et emplissent l’air moite d’un été étouffant.
La foule hurle. La passion s’est déchaînée, les clameurs déchirent le voile noir et serein de la nuit à présent tout inondée de feux d’artifice….La Madone majestueuse, La Sainte Vierge, les yeux fixés sur l’enfant Jésus, drapée dans son apparat couleur azur, , apparaît et semble marcher sur les têtes des fervents. Eblouissante, placée sur un brancard recouverte de tissu et voilage noble, portée sur des épaules connues, elle se meut lentement. La foule en délire n’a d ‘yeux que pour elle….Elle qui semble les regarder un par un. On veut la toucher. Les porteurs se disputent leur tour de rôle.
‘ Ma fai attenzione .. ! ..boutàna della madonna… ?..i miei pièdi… !’
(‘Mais fais attention…. ! ..putain de la madone… ?..mes pieds.. !)
Il vient d’insulter la madone qu’il supporte à cause de son orteil écrasé.
La mamma Angèlina lance à son fils….
‘ Giovanni….la Madonna piange…lo vistà… ?‘
( Giovanni.. La Madone pleure….l’as-tu vue… ?’)
Giovanni regarde en silence la Sainte Vierge. Il n’entend plus rien. Il a fermé ses yeux. Il est à présent seul avec sa bien-aimèe. Il communie et communique de loin. Il émet ses vœux, tout doucement, dans son for intérieur…en secret loin de cette foule enivrée…
‘Santà Madonna…mia figlà Giùlià là dimanticata.. ? Io… ogni giorno, invocà il tuo nome, per Dio, fa qualchè cosa per la mia ragazza malata.. ! tu lo sai bénè…perché mi fai soffrire… ?
(‘Sainte Madonne…ma fille Julià tu l’as oubliée… ? chaque jour, j’invoque le saint nom de D.ieu…fais quelque chose pour ma fille malade….tu le sais bien….pourquoi me fais souffrir… ?’)
La mèmè, un peu perdue…accrochée aux bras de son fils…
‘Giovanni…la Santa Madonna ridé… lo vistà…. ?’
(‘Giovanni...la Sainte…………rit……l’as tu vue.. ?’)
Giovanni lentement tourne sa tête vers sa vieille maman, sénile et mal voyante. Il lui timbre un baiser Made in Goulette, sur son front plissé.
Les hurlements redoublent d’intensitè. La statue s ‘empare de la place, entourée par milles bras qui s’élèvent vers elle. Bousculades et empoignades, enfants qui pleurent, spectacle saisissant d’une indescriptible beauté dans lequel le cérémonial sacré marie la Sainte Mère
de l’Enfant Jésus au modeste et menu peuple de la petite Sicile….
‘ E vivà è vivà la Santà Madonna di Trapani…’
Là bas dans un coin, Sœur Anne agenouillée, égrène son chapelet entre ses doigts et chuchote sa litanie tête baissée. Elle prie.
Elle avance la Vierge, imperturbable et fière, couverte de bijoux. Elle semble glisser sur cette marée humaine en délire. Elle avance la Vierge bravant les cris et les suppliques comme un paquebot bravant la tempête au milieu des flots déchaînés.
‘Giovanni….mio figlio…. ?….i angèli …. !’
(‘Giovanni…mon fils……. ?…les anges….’)
Soudain, La vieille serre le bras de son fils et crispe ses doigts….Giovanni, surpris, retient sa mère qui vacille. Elle s’écroule parmi cette foule qui ignore que la vieille Angélina est entrain de succomber dans les bras de son fils.
‘Mamma… ! mamma…. ! prego svegliati.. !
(‘Maman… !…………... ! je t’en prie réveilles toi.. !’)
Giovanni serre la tête de sa mère entre ses bras et sa poitrine, il a compris que sa maman va partir, sans doute par la trop forte émotion. Il embrasse son visage flétri et ravinée de celle qui dans un dernier souffle lui chuchote à l’oreille….
‘Giulia… !…Giulia… ! voglio vedère Guilia… !….la luce…la luce…lo veda… ?
(‘……………………je veux voir …………….. !…la lumière………tu l’as voit… ?)
‘Si…si…mamma…lo véda….’
La vieille est partie …rejoindre le ciel dans le sillage de la sainte Madone de Trapani.
Cette dernière quittera la place de l’église, accompagnée par ses ‘afficianandos’ (fans) toujours portée sur les épaules pour se rendre à la mer. On la fera rentrer dans l’eau salée afin qu’elle bénisse l’âme des marins pêcheurs disparus pour qu’elle protège les vivants.
Juifs, arabes et curieux mêlés à la foule suivront avec émotion la procession de la Madone de Trapani.
La Sainte Vierge ne sortira plus sur la place de l’église à la Goulette mais …’Ne t’en fais pas Giovanni, elle ne t’a pas oubliée….ti lo juro…’
Il était communément admis, parmi notre communauté de dire, sans vérification aucune, que la sortie de la Sainte Madone correspondait à un renversement climatique c’est à dire que le mauvais temps allait signifier la fin de l’été et par-là de chasser les estivants…
‘Eyè…yèh rhlèiyah rawhou èl madonna rhèrjèt……’
‘Allez …les vacanciers…. !…. partez la madone est sortie… ! )
POEME SUR LA MADONA DI TRAPANI
Ricordatevi la vostra chiesaSouvenez vous de votre église
A la Goletta sulla piazza.A la Goulette sur la place.
La vostra messa la domenicaEt votre messe le dimanche
Con padre Chini o Saliba.En compagnie de père Chini ou Saliba..
E poi a l’ agosto,il quindiciEt puis vers le 15 Août
Sui balconi,finestre , a piediSur les balcons, a pieds
E anche sulle scale sedutiOu assis sur les escaliers
Aspettando tutti con patienza.Attendant patiemment.
Equando apparice la VirginaEt quand dans la nuit elle apparaît
Cercandola con i vostri occhiVous la cherchez par vos yeux
Levando tut’ insieme le bracciaLevant tous ensemble vos bras
Con molto rumore e auguri.Avec beaucoup de bruit et souhaits.
‘ Viva la Madona e Gesù suo figlio …’Vive la Madone et son fils Jèsus.
Gridala gente che la portano.Hurlent les gens qui la porte
Bella , vestita emodesta caminaBelle, vêtue et modeste , elle avance
Su le teste con suo Gésu abraciata.Sur les têtes (des gens) avec Jésus dans ses bras.
‘… Madona…. ..Madona..’‘….Madone…Madone....
Adesso che ti vedo Santa A présent que je t’aperçois Sainte
Fai qualque cosa per JuliaIntercède en faveur deJulie
Mia figliaa letto, e malata.’Ma fille au lit est malade.’
Questa sera è molto santaCette nuit est sainte
Pièna di maliconia e gioia.Pleine de tristesse et de joie.
Ma domani a l’alba saràMais demain à l’aube se sera
Lavoro, apèritivo e pasta.Travail, apéritif et pâte.
‘Madona..che non mai dimenticata‘ Madone…que je n’ai pas oublièe
Su Dio e la mia anima…Sur D.ieu et mon âme
Ancora oggi ti ‘ama’.Aujourd’hui encore je t’aime.
Tu che non echi più su la piazzaToi qui n’apparaît plus sur la place
Gia molti anni fà ,’Veglià’ su nostra città.’Depuis très longtemps, Veilles sur notre citè.’
Per i miei amici italiani la santa Madona di Trapani sempre nei loro cuori et anche nei miei ricordi.
Pour mes amis italiens la Madona …. reste toujours dans leur cœurs et aussi dans mes souvenirs.
‘Madona…Non ti mai dimenticataMadone….Je ne t’oublierai jamais
Su D.io e la mia anima..Sur D.ieu et mon âme
E che ancora oggi ti amo.’Et même encore aujourd’hui je t’aime.
Madona..Madona…tu che non usciraMadone…………Toi qui ne sors plus
Più su la piazza a la Goletta, gia molti faSur la place de la Goulette depuis bien longtemps
ViegliaRimani ti prègoancora sulla città.Restes encore dans notre cité.
Per i miei amici italianiPour mes amis italiens
La Madona di TrapaniLa Madone de Trapani
Resta sempre nei loro cuoriReste toujours dans leurs cœurs
E anche nei miei pensièri.Et aussi dans mes souvenirs.
ALBERT SIMEONI
(POEME EN VERS ET EN PROSE)
"albertsimeoni"
LA PLAGE DE KHERREDINE…NOTRE VOISINE…LA PETITE PERLE.
Il y avait deux voies pour y accéder.
Soit par la route en traversant le pont nord soit en la contournant en traversant le canal à la nage. Ce qui était interdit à cause des forts remous. Personnellement j’y allais souvent pieds nus, en short, bravant le macadam brûlant rendu caramel par les dards du soleil, piétinant aussi ces petits graviers épars du chemin pour enfin accéder à ce petit carré magique de plage où s’entassaient mille corps allongés de tous gabarits.
Pour se frayer un chemin jusqu’à l’eau, il fallait user de patience, enjambant les corps des allongés qui grognaient lorsque, par nos pas nous, soulevions qqs grains de sable qui venaient se coller à leurs visages.
Parfois, nous slalomions entre ces mêmes adeptes du bronzage à outrance, ce qui rendait le trajet un peu plus long.
La plage se composait de trois parties. Une partie centrale d’une surface approximative de 250 M2, toujours envahie et prisée par les kherredinois. On pouvait compter une dizaine de personnes au M2, puis un long corridor très étroit fait d’une haute marche en béton armé souvent assez glissante, à gauche du mur, cette enclave n’était pas très appréciée par les plagistes en mal d’ambiance. La troisième partie était beaucoup plus large sur le flanc latéral droit en rentrant par l’issue centrale. Souvent boudé par les jeunes mais choisie par les familles qui y trouvaient là l’espace requis et le calme, bien loin des turpitudes de la plage centrale. Sur ce flanc là se trouvaient les petites cabines/studios, loués pour la saison estivale, mais couvent occupés par les mêmes fut conquises par des couples esseulés, pour la plupart assez âgés.
Lorsque nous nous déplacions en bande, la tradition voulait que nous piquions des plongeons, sous l’œil amusés de braconniers pêcheurs, du haut des bâtis de soutènement du pont ultime passage avant d’accéder à la petite reine, notre voisine.
Mais avons cela, il fallait surtout s’assurer de l’absence des gardes pêches car il était formellement interdit de se lancer du haut de ces plongeoirs. Mais l’interdiction ne valait pas pour tous. Parfois, nous avions les ‘gendarmes en moto’ à nous trousses.
Notre voisine, coté Nord, Kherredine était bien connue des tunisois.
Y habitaient les familles tunisoises huppées, les riches tunisois qui se prélassaient dans leur véranda durant les après de sieste. Sous les bougainvilliers qui étendaient leur feuillage jusque sous les trottoirs.
Certains étaient propriétaires de leur villa et ils ne manquaient l’occasion de se prélasser certains week- end pour couper un tas de cartes de rami poker entre amis ordonnés, bien loin de ‘l’hiver’ Tunisois. Leur Deauville avant la lettre.
I
ls étaient durant ces moments de pause, après le bain, adeptes des jeux de cartes en tout genre.
Ca jouait gros parfois sur les vérandas. Mais comme on le dit, ils ont tous quittés leur petite perle presque à jeux pour venir se refaire à Paris. En francs.
Kherredine plage c’était la buvette HAMADI. Un monsieur qui louait sa bicoque durant la période estivale. Hamadi de son vrai prénom était un homme assez fluet, presque malingre, toujours en short long strié de bandes horizontale rose pâle et blanc.
Sa femme et ses enfants servaient au comptoir toutes sortes de sodas et de petits sandwichs, fricassés aussi aux ventres creux.
Il faisait souvent crédit et le crédit chez nous, c’est tout une histoire. Pour rentrer dans son fric, notre bonhomme mettait la main à la patte et les pieds dans l’eau rappelant à ses débiteurs leur ardoise. Toute une comptabilité tenue dans sa grande mémoire, parfois las des chicaneries, il abandonnait ces dettes ‘énormes’ ne dépassant pas les 200 millimes ( 0, 20 €), promettant de porter plainte auprès du père du jeune récalcitrant, jurant que l’on ne l’y reprendra plus mais hélas le prétendu mauvaise foi revenait se servir.
Sur la plage, notre OUI Oui nationale, alias la PERCHE, l’honorable homme du crédit avant SOFINCO à tous vents était plus méfiant, il ne lâchait ces précieux petits paquets de ‘gloub’, d’amande douces ou de cacahuètes qu’à ceux qu’ils connaissaient bien. Il passait souvent le soir au café vert recouvrer ses crédits ou faisait du porte à porte pour récupérer son dû. Un certain Fantomas sentant la bonne affaire n’a pas trouvé mieux que d’installer sa bicoque pas loin de celle de HAMADI. Une demi tonneau, couvert d’un sac de jute, rempli de glace dans lequel dormaient ses fraicheurs.
On se rappellera surtout de ANNIE YACONO une jeune femme qui a marqué certains esprits mâles, elle était une très jolie femme. Et de tants d’autres nymphettes qui, le soir venu, étalaient leur charme bien bronzées du coté de la boite à danser de SIDI BOU, L’Olivier Rouge. Le lieu culte de tous les banlieusards. Soirées divines marquées par les verres de whiskies qui coulaient à flots. Où les bouteilles de gin et autres alcools étaient aussi marquées par le sceau de la reconnaissance par notre SAAD, le serveur mythique de night club tenu par Jackie Messina. Avec au comptoir la chanteuse JACQUELINE TAIEB et le bien drôle GAZ NIGHT le nocturne. Sans oublier les Boublil, les Paulo et la bande de noctambules présente tous les soirs de l’année.
Mais ce qui nous importait dans tout cela, c’était les grandes parties de volley-ball entre amis goulettois et kherrédinois, ces fins de parties sans vainqueur où tout un chacun allait, par la suite, piquer un énorme plongeon d’entre les vagues aux crinières blanches. Un festival de jeu, une attraction ces parties épiques avec le AMANOU, le YOUNES,LE TAIEB alias Bleck le ROC, le SYDNEY LELLOUCHE, les frères SIMEONI, le PIERRE BOC, les COHEN, AZZEDINE, CARLO MADAR z’al etc…
Certains après midi, des matchs de volley se jouaient dans le jardin de Mimiche.
Le mur de Kherredine usé par les dos de tous ces jeunes avait tendance à s’effriter à la longue.
(Lire le Mur de KHERREDINE PAR PIERRE BOC.)
Henri Tibi, chanteur bien connu, champion de ping-pong, usait de son appareil photo pour immortaliser tout un chacun. Il avait comme intendant un certain Charlie, en costume blanc et son nœud papillon rouge qui le faisait ressembler à RIBIBI, sous 40 ° à l’ombre tenant sa mallette comme son enfant. Il suait la splendeur par son embonpoint.
Dans sa valise se trouvaient les cassettes du grand chanteur commercialisées sous le manteau. Pour boucler ses fins de mois notre Tibi venait écouler ces photos prises souvent à l’insu du héro ou de l’héroïne du jour du coté du café Vert
Photo prise par Henri Tibi sur la plage de Kherrédine coté plage étriqué. 1970.
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