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TOUT SUR LA TUNISIE

Vendredi 12 octobre 2012 5 12 /10 /Oct /2012 19:38

A chaque jour, son lot de scandales dans cette nouvelle Tunisie. Malgré le nombre extraordinaire de vols, d’évadés de prison et de recherchés par la justice (dont le célèbre Abou Iyadh), la police tunisienne semble plutôt préoccupée par les couples non mariés. 

 
Elle en fait sa priorité, si l’on témoigne par le scandale de la fille violée (arrêtée avec son fiancé à bord de leur voiture) ou par cette descente de police dans des hôtels de Hammamet où l’on a carrément fait irruption dans les chambres des clients. 

 

 
Selon le très sérieux journal électronique spécialisé dans le tourisme, Destination Tunisie, six à sept agents sont arrivés à 1h15 du matin, dans la nuit du samedi à dimanche, à un hôtel, occupé principalement par des Russes, et ont demandé la liste des clients single. 

 
Sans qu’ils ne soient munis d’un mandat de perquisition, ils ont frappé aux portes des chambres indiquées par un réceptionniste, totalement paniqué, et ont fini par trouver un couple de Tunisiens qui a loué deux chambres séparées. 

 
Les deux ont été emmenés au poste de police et avec eux le réceptionniste, bien que ce ne fût pas ce dernier qui ait loué les chambres. Dans le panier à salades, il trouvera un confrère à lui d'un autre hôtel, arrêté pour les mêmes motifs.

 
Ils ont dû passer toute la nuit du samedi et du dimanche sous les verrous dans l’attente d’être traduits lundi 8 octobre devant le juge d’instruction. Ce dernier libéra tout le monde. 

 
La FTH, qui balbutie déjà avec son taux d’occupation assez bas et les centaines de réservations annulées à la suite de l’affaire de l’ambassade américaine, s’est saisie de cette affaire et s’inquiète de cette descente policière qui constitue une première dans les annales. 

 

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Jeudi 4 octobre 2012 4 04 /10 /Oct /2012 19:35

Une jeune femme violée par des policiers se retrouve accusée d’atteinte à la pudeur. La population se mobilise et craint un retour en arrière en matière de droits des femmes.


 
« La police me viole, la justice m’accuse » 

 
Place des Droits-de-l’Homme à Tunis, des centaines de femmes ont crié leur colère samedi.
 

 

 

« Dans mon pays, la police me viole, la justice m’accuse. » Le slogan dit l’inquiétude et la colère des quelque deux cents personnes rassemblées samedi, place des Droits-de-l’Homme à Tunis. Une mobilisation en soutien à une jeune femme accusée, avec son compagnon, d’« atteinte à la pudeur » après avoir porté plainte pour viol contre deux policiers. « Nous vivons sa douleur », explique Fatma, 61 ans, venue avec sa fille de 25 ans.

 
Les faits remontent à la nuit du 3 au 4 septembre. Les fiancés, selon leur témoignage, stationnent dans une voiture, dans la banlieue nord de Tunis, quand trois policiers en civil les abordent. L’un conduit l’homme de 26 ans, menotté, à un distributeur de billets pour lui extorquer 300 dinars (environ 150 €). Pendant ce temps, la femme de 27 ans est emmenée à l’arrière du véhicule des policiers, et violée.

 
Trois agents écroués 

 
Écroués, les trois agents assurent qu’à leur arrivée, le couple se trouvait dans une « position immorale », ce que démentent les intéressés. « L’accusation d’atteinte à la pudeur (un délit passible de six mois de prison) se base uniquement sur le témoignage des policiers, relève Radhia Nasraoui, avocate de la jeune femme et célèbre militante des droits de l’homme. Ça ne tient pas ! »

 
Ce n’est pas l’avis du procureur, ni du gouvernement. « Les deux agents ont commis un crime, mais ça n’empêche pas qu’elle était dans une position illégale » avec son compagnon, a commenté un représentant du ministère de la Justice. C’est le porte-parole du ministère de l’Intérieur qui, le 11 septembre, avait le premier évoqué la « position immorale » de la jeune femme, tout en précisant que cela ne justifiait pas le viol.

 
Terroriser les victimes 

 
L’association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et la ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) dénoncent une procédure qui « transforme la victime en accusée, qui vise à la terroriser et à les obliger, elle et son fiancé, à renoncer à leurs droits ».
 
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Dimanche 16 septembre 2012 7 16 /09 /Sep /2012 22:08

Viols, torture ayant entrainé la mort, falsifications de documents, falsification du drapeau tunisien, naufrage des immigrés clandestins, mariages collectifs, émeutes sanglantes, débats sur le sacré, violation de l’ambassade des Etats-Unis, incendies, menace d’application de la peine de mort, fausse extradition-expulsion-éloignement, journaliste percuté par la voiture de son directeur général, mausolée de Bourguiba saccagé… les événements qui se sont produits cette semaines se suivent et ne se ressemblent pas. La gravité de la situation n’a d’égale, elle, que l’absurdité des réactions qui s’en sont suivies… 

Retour sur une semaine mouvementée en Tunisie. 

Dimanche dernier, le président de la République tunisienne, offrait une interview à nos confrères du Figaro. S’il mettait en garde, du bout des lèvres, ses alliés islamistes de toute tentation autoritaire, Moncef Marzouki regrettait l’image faussée donnée par les médias tunisiens et étrangers, de la situation du pays, les accusant d’exagérer les faits, les uns en caricaturant la situation, les autres parce qu’ils étaient partisans de l’ancien régime. Il est vrai que certains faits ont presque été passés sous silence, ou d’autres minimisés, et il convient ici de les rappeler.

La semaine dernière, une jeune fille sortant d’une soirée, dans la banlieue Nord de la capitale, est arrêtée par les policiers, en compagnie d’un ami. Le surlendemain, Radhia Nasraoui, s’indignait sur Nessma TV du viol de cette jeune fille par ces mêmes policiers qui l’avaient contrôlée. C’est alors que le ministère de l’Intérieur émet un communiqué pour affirmer que les suspects du viol ont été arrêtés. 

Il s’agit là d’un précédent positif dans le sens où les autorités avaient rarement pris leurs responsabilités quant aux dérives policières constatées, que ce soit avant ou après la révolution. Mais c’était sans compter une nouvelle « maladresse » du ministère de l’Intérieur qui, par l’intermédiaire de son porte-parole, a jugé nécessaire de préciser que la victime du viol avait été trouvée dans une « position immorale », avec son compagnon… le porte-parole aura beau souligner que cela ne justifiait en rien le viol, le mal est fait.

Pendant ce temps, l’enquête se poursuit concernant le jeune homme tué dans un poste de police, suite aux tortures qui lui ont été infligées. Rached Ghannouchi nous assurera que ce sont des choses qui arrivent et que les policiers ne sont pas censés être des enfants de chœur… ils doivent traiter avec des criminels ! Pourquoi donc dénoncer la torture sous la dictature, si ce sont des choses qui peuvent arriver en démocratie, sous un gouvernement légitime ?

Toujours en fin de semaine dernière, nous apprenons, par l’intermédiaire de médias étrangers, qu’une embarcation de plus d’une centaine de clandestins tunisiens a fait naufrage au large des côtes de Lampedusa. Le drame humain n’est pas encore parvenu aux oreilles du gouvernement, trop occupé par les préparatifs d’un mariage collectif prévu le lendemain. La fête réunit plusieurs ministres, dont les principaux intéressés, le chef du gouvernement et le ministre des Affaires étrangères. Ce dernier, peut-être pas tout à fait reposé de la fête du samedi soir, affirmera que deux cadavres ont malheureusement été repêchés… en état de décès. Suivent des visites de courtoisie, en Italie, de membres du gouvernement et de l’opposition, dont il ne ressortira, pour le moment, rien de concret. 

Dans le même temps, Moncef Marzouki est à Doha pour un séminaire sur la restitution des avoirs aux pays du « printemps arabe ». A peine débarqué que la présidence de la République publie un communiqué, faisant état de l’éloignement de Sakher El Materi, suite aux négociations avec « nos amis qataris ». Un « éloignement » présenté comme une première victoire et la présidence ne manquant pas de remercier chaleureusement l’Emir du Qatar pour ce geste. D’éloignement en expulsion, il s’avèrera, par la suite, que les responsables qataris ne sont pas au fait de cette « décision » et que Sakher El Materi ne se trouvant pas au Qatar depuis plusieurs jours, il n’était pas question de parler d’expulsion. 

Qu’à cela ne tienne, après avoir réussi à expulser l’ambassadeur syrien inexistant des terres tunisiennes, Moncef Marzouki a réussi l’exploit d’expulser Sakher El Materi, de son propre gré, des terres qataries. A supposer que le fait que le gendre de l’ancien président se trouve au Qatar, à Dubaï ou ailleurs (sauf en Tunisie) soit une quelconque victoire. Interpol se chargera du reste, se rassure le président de la République. Un effet d’annonce sur fond de manipulation médiatique ? Non ce sont les médias qui déforment les faits, si l’on en croit Marzouki. La « Bonté divine ! » était de circonstance, pour les remettre en place…

Toujours au même moment, l’ANC fait sa rentrée des classes en séance plénière. Des lois devaient être votées et des ministres interrogés. Mais le premier jour (comme les autres, dans ce cas précis), les écoliers n’ont pas la tête à travailler. C’est Maya Jribi qui tirera la première rafale. En défenseure de la veuve et de l’orphelin, elle exige que l’ordre du jour soit modifié pour évoquer les Tunisiens naufragés. Les séances d’indignation de l’Assemblée constituante n’ont jamais débouché sur quelque chose de concret ? Qu’à cela ne tienne, il faut s’indigner, et devant les caméras, si possible. Une tentative échouée, Ben Jaâfar tient bon puis laisse sa place à Meherzia Laâbidi qui aura moins de chance. 

En cause, cette fois, un document de projet de loi falsifié. « République bananière », « méthodes de l’ancien régime », les accusations fusent et la séance s’achève. Le lendemain, munie de son communiqué, Mme Laâbidi affirme détenir les preuves de la validité du document, malgré la dénonciation des élus présents dans la commission. Dans le même temps, la vice-présidente de l’ANC profitera de l’occasion pour amener des précisions au sujet de la mise à sac du mausolée d’Habib Bourguiba : « Le salafiste voulait déposer des fleurs sur sa tombe » ! Mme Laâbidi ayant donné son verdict, les deux affaires peuvent être closes. 

En fin de semaine, les événements s’accélèrent. La polémique d’un semblant de film de série B, dont des extraits sont diffusés sur internet, enfle en Tunisie. Al Joumhouri ne veut pas être à la traine, en appelant à manifester, tout comme les salafistes, contre l’offense faite au Prophète. Des émeutes ont déjà eu lieu devant l’ambassade des Etats-Unis. Le lendemain, une journée calme, en attendant le vendredi de la colère. Un journaliste se retrouve sur le capot de la voiture du directeur général de Dar Assabah qu’il veut voir démissionner. Le trajet de quelques centaines de mètres se terminera à l’hôpital pour le premier, au poste de police pour le second… qui portera plainte contre le journaliste. 

L’ordre du jour de l’Assemblée constituante est tout trouvé. 90% pour l’offense au Prophète et 10% pour Lotfi Touati et sa « tentative d’éloigner le journaliste qui s’est jeté sur son capot ». Les huissiers et autres lois se rapportant à la finance peuvent bien attendre. Nous assisterons alors à un déferlement d’indignations contre un film inconnu d’un réalisateur inconnu. Les députés de la majorité, comme de l’opposition, se succèderont pour prouver tout l’amour qu’ils vouent au Prophète et à l’Islam et pour réaffirmer au peuple à quel point ils sont attachés aux valeurs islamiques. Certains en profiteront pour remettre sur la table la nécessité d’une loi incriminant l’atteinte au sacré, laquelle loi devant être contraignante pour les Etats-Unis ! (sic) Un des élus du peuple trouvera également le moyen de justifier le meurtre de l’ambassadeur américain en Libye, les Etats-Unis n’avaient qu’à interdire le film ! (re-sic) 

Le même jour, Mohamed Abbou vante les mérites du code pénal, précisément les lois qui servaient à museler l’opposition. Grand pourfendeur des droits de l’Homme, M. Abbou voulait certainement rappeler « innocemment » ce que prévoit la loi pour ceux qui voudraient renverser le régime après le 23 octobre. La sentence, dit-il, est la peine de mort. En Tunisie, il s’agit, précisément, de mort par pendaison. 

Béji Caïd Essebsi serait lui-même concerné par la sentence, selon les déclarations de plusieurs responsables du Mouvement Nida Tounes, une menace qui devrait être orchestrée par un membre du gouvernement et exécutée avant le 23 octobre. Accusations que le gouvernement conteste et que Lotfi Zitoun, principal théoricien du complot en Tunisie, rejette, faute de preuves.

Auparavant, il y eut le vendredi de la colère. Celui du « gâchis », comme l’a qualifié un journaliste présent sur les lieux. Une ambassade violée, des bâtiments incendiés, du matériel volé, des forces de l’ordre « dépassées » et surtout des vies perdues. Alors que Rached Ghannouchi fait comprendre à Hillary Clinton que les Etats-Unis devraient voter une loi protégeant le sacré, que Mustapha Ben Jaâfar mène l'enquête pour savoir qui a remplacé l'étoile du drapeau tunisien par une étoile à six branches et que Hamadi Jebali est aux abonnés absents, le responsable de l’école américaine accuse les autorités et la lenteur avec laquelle les forces de l’ordre et la protection civile sont arrivées sur place. Washington prend sa décision : rapatrier son personnel et conseiller à ses ressortissants de quitter la Tunisie. La sentence est tombée. Monia Ben Hamadi
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Mardi 11 septembre 2012 2 11 /09 /Sep /2012 20:49


Mustapha Ben Jaâfar, président de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), la plus haute Instance en Tunisie, la normalisation des relations avec Israël n’est bloquée que par une minorité de nationalistes extrémistes. Cette déclaration, qui plus est commise à Vienne lors d’une visite officielle (obligation de réserve ?!), est lourde de sens, de significations, voire d’arrière-pensées. Mustapha Ben Jaâfar serait-il enclin à faire le lit d’un obscur projet de normalisation ?

 
Réduire un désaccord profond secouant la Tunisie à l’opposition de quelques “extrémistes” est non seulement une insulte au peuple tunisien, en majorité contre toute idée de normalisation, mais notamment une manière bien inconsidérée de traiter une telle question chargée de tension, de rivalité et de symbole.

 
Dans quel cadre sied-il de situer la déclaration de Mustapha Ben Jaâfar quand on sait que Farida Labidi, présidente de la commission des droits et des libertés à l’ANC,  a annoncé, le 31 juillet 2012, que la majorité des membres de la commission ont voté en faveur de la criminalisation de toute forme de normalisation avec l’entité sioniste.

 
A moins que les membres de cette commission ne figurent également dans cette minorité d’”extrémistes” que Mustapha Ben Jaâfar a pointée et désignée comme petit groupe de pression contre la normalisation des relations avec Israël. Par là, 

 
Mustapha Ben Jaâfar s’efforce-t-il à éluder le Pacte Républicain (adopté à l’unanimité par la Haute Instance en Juin 2011) dont le texte met l’accent, entre autres, sur la nécessité de faire face à toutes formes de normalisation avec Israël. Sans compter que la société civile tunisienne a manifesté, à diverses reprises, appelant à Criminaliser la normalisation dans toutes ses formes, politiques, économiques et culturelles.

 
Sur un autre plan, ladite déclaration de Mustapha Ben Jaâfar ne peut être dissociée des affirmations dont certains membres du gouvernement s’étaient rendus coupables. Rafik Abdesselam, Ministre des Affaires Etrangères, n’a-t-il pas signifié, en Mars 2012, son rejet de toute idée d’inclure une clause dans la Constitution tunisienne criminalisant la normalisation avec Israël, même s’il n’a pas manqué d’atténuer l’impact de sa position en précisant que le  gouvernement n’établira pas de relations avec l’entité sioniste.

 
Abondant dans le même sens, Tarek Dhiab, Ministre de la jeunesse et des Sports,  n’a-t-il pas déclaré, en Avril 2012, que le gouvernement ne voit aucun problème à accepter une aide d’Israël. Donc, deux ministres d’Ennahdha, se positionnant sur la même longueur d’ondes, est-ce fortuit ?

 
En revanche, le grand parrain, le cheikh Rached Ghannouchi, arguant que “Le problème des Tunisiens est avec le sionisme et non avec le judaïsme“,  a bien indiqué qu’il ne peut y avoir de normalisation avec Israël. Même son de cloche chez Hamadi Jebali, Chef du Gouvernement, qui a signalé, à la tribune de l’ANC en Décembre 2011, que la Tunisie soutient la cause palestinienne et  refuse la normalisation avec Israël.

 
Qui croire alors ? Les deux plus hauts dignitaires d’Ennahdha ou les deux petits lieutenants ? Et quand on épingle le double langage d’Ennahdha, certains vocifèrent et prêchent le contraire à coups d’invectives, de réquisitoires et de procès d’intentions.

 
N’en déplaise à certains partisans de la normalisation, invoquant à tue-tête qu’on ne peut être plus royaliste que le roi,  la Tunisie, en majorité, refuse de franchir le pas, ligne rouge pour beaucoup. Ni le lieu ni le moment ne se prêtent pour exposer la nature fasciste d’Israël ni ses mythes fondateurs (comme disait Roger Garaudy). Il s’agit surtout de s’opposer contre le sionisme, idéologie colonialiste, raciste et criminelle.

 
La question n’est pas de nourrir l’amalgame et de ramener le conflit à une opposition confessionnelle Islam/Judaïsme.  Il est notamment question de lever les boucliers contre un produit de l’impérialisme et un Etat artificiel, crée de toutes pièces, bénéficiant du soutien massif et inconditionnel des “maitres du monde”. Rien qu’au Conseil de Sécurité, les Etats Unis ont opposé leur véto à plus de 80 reprises pour défendre Israël.

 
Enfin, il y a un devoir de mémoire

 
D’abord, pourquoi oublier ou occulter qu’Israël a attaqué et bombardé la banlieue de  Tunis en Octobre 1985 alors que notre pays n’était ni sur la ligne du front ni se déclarant en guerre contre Israël. Cette agression de la part de l’armée de l’air israélienne, baptisée opération Jambe de bois,  restera dans annales onusiennes comme l’unique cas où les Etats Unis n’ont pas brandi, comme à l’accoutumée, leur droit de véto.

 
Ensuite, pourquoi faire taire la voix de la révolution tunisienne et du printemps arabe qui a apporté  un appui renouvelé et toujours massif  au peuple palestinien et à sa juste cause.

Lire aussi

 
  1. Mustapha Ben Jaâfar: « La Tunisie n’a pas besoin de promesses illusoires mais plutôt d’aides concrètes et immédiates »

  2.  
  3. Rafik Abdesselam contre l’adoption d’une clause dans la Constitution criminalisant la normalisation avec Israël

  4.  
  5. Hamadi Jebali appelle à adopter la politique d’austérité et au refus de la normalisation avec Israël

  6.  
  7. Mustapha Ben Jaafar appelle à respecter la date des élections du 23 Octobre 2011

  8. Ahmed Kahlaoui nie avoir menacé de mort les défenseurs de la normalisation avec Israël
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Mardi 11 septembre 2012 2 11 /09 /Sep /2012 18:41

        
 Il est toujours intéressant de lire et d’écouter Jean Daniel, non seulement parce qu’il est un grand ami de la Tunisie où il avait séjourné à la fin des années 50 et avait failli y perdre la vie en couvrant les évènements de Bizerte, mais parce qu’il ne s’embarrasse pas de circonlocutions quand il s’agit  de dénoncer nos travers, ne manquant pas à l'occasion de dénoncer les dérives autoritaires des régimes de Bourguiba pour lequel il avait pourtant une grande admiration et surtout de Ben Ali . 

 
Venant d’un fin connaisseur de la politique tunisienne,  ses critiques sonnent souvent juste au point d’être appréciés par un Bourguiba dont on connaît pourtant  l’aversion qui lui inspiraient ceux qui osaient lui porter la contradiction. 

 
C’est pourquoi, on est attentif à tout ce qu’il écrit, notamment, en cette période trouble que vit le pays et qu’on a peine à saisir. Quelles réflexions lui inspire cette révolution tunisienne, presque deux ans après son déclenchement ? 

 
« On a beau s’évertuer à penser que les islamistes au pouvoir sont sincères lorsqu’ils parlent d’un islam respectueux de la Constitution et des libertés, chaque jour apporte un incident grave dont les autorités, en principe garantes de l’ordre, ne paraissent guère s’émouvoir. Peu à peu, l’islamisme rampant qui gagnait toutes les couches de la société ne prend même plus les précautions que la peur inspirait à ses militants lorsque régnait une certaine discipline. On peut dire que la violence salafiste s’exerce le plus souvent aux dépens de femmes, et qu’il y a des quartiers où elles ne se hasardent plus dehors.

Le tourisme n’a pas complètement disparu, notamment à Hammamet et à Djerba, mais il y a désormais une nouvelle et sombre Tunisie qui est en train de se développer dans la discrétion et l’efficacité. Il y a encore, certes, dans les forces libérales, des démocrates de tout âge décidés à résister. Les plus optimistes sont ceux qui font dépendre l’avenir du redressement économique, et ce sont donc les investisseurs étrangers qui ont entre leurs mains le destin de ce pays ».
 

En quelques mots tout est dit : « une nouvelle et sombre Tunisie est en train de se développer dans la discrétion et l’efficacité ». Cette observation recoupe les impressions qu’éprouve la majorité des Tunisiens et non seulement « les résidus de la francophonie » ou la bourgeoisie « décadente ». Il est vrai que nous avons du mal à y croire. 

 
Alors que nous pensions que les questions des droits de la femme et de l’égalité entre les sexes ont été réglées une fois pour toutes par le CSP dès 1956, voilà que des voix s’élèvent aujourd’hui, pour remettre en question ces acquis, sur la base d’une lecture littéraliste du coran ; qu'on parle de la femme seulement comme d'un complément de l'homme ; que l'on remet au goût du jour le mariage coutumier, la polygamie, présentée comme le meilleur remède contre...le cancer de l'utérus. 

 
Ce n’est pas à la femme seulement  que l’on s’en prend, mais à la Tunisie éternelle, celle de Carthage  et sa constitution, la première du monde antique,  d’Ibn Khaldoun, des réformateurs du XIXe siècle, à son mode de vie. 

 
Quand Jean Daniel  parle d'islamisation rampante, il est bien optimiste. Ce à quoi nous assistons aujourd'hui, c'est une islamisation galopante pour créer une situation irréversible avant les prochaines élections qu'Ennahdha risque de perdre. La Tunisie, notre Tunisie est en train de nous échapper des mains....A moins d'un sursaut.

 
Mustapha

   
 
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